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On les appelle les déplacés internes. Un million deux cent cinquante mille déplacés internes, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Villageois soudanais " déplacés " par la peur de perdre leur vie et les leurs. Depuis 2003, la guerre civile aurait tué 300 000 hommes et femmes au Soudan. Ces déplacés fuient vers la sécurité relative d'immenses camps de toile. A Nyala, dans l'Ouest du Soudan, nous en avons visité deux : ceux de Khalma et d'Otash. Chaque jour qui passe est une victoire contre la faim et les épidémies, comme celle de méningite qui sévit actuellement dans plusieurs de ces camps. Beaucoup ont tout perdu, même la vue. Les médecins humanitaires rencontrés sur place estiment que soixante pourcent d'entre eux souffrent de cataracte. Malnutrition, soleil et poussière abiment les yeux des déplacés, des plus jeunes aux plus âgés. Ils doivent être opérés, sous peine de cécité. Mais à l'unique hôpital public de Nyala, les moyens manquent à mesure que les salles d'attente se remplissent.

La guerre ne prive donc pas seulement des besoins humains les plus élémentaires. Elle affecte aussi les sens de ses victimes. Elle aveugle leur regard et l'avenir de millions de Soudanais pris en otage par ce conflit. La plupart dépendent de l'aide humanitaire pour vivre. En mars 2009, le président soudanais Omar Al-Bachir, inculpé de " crimes contre l'humanité " et de " crimes de guerre " par la Cour pénale internationale (CPI), a ordonné l'expulsion des organisations humanitaires internationales. Dans les camps de Nyala et d'ailleurs, cette annonce est un arrêt de morte lente pour les déplacés soudanais. L'ONU vient de le rappeler : Une fois les ONG parties, plus d'un million d'entre eux seront privés de nourriture et laissés sans soins.

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