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Au fond d'une gorge étroite, entre d'immenses parois rocheuses, se niche le fameux "Trésor" de Pétra, cœur d'un ensemble de bâtiments taillés dans la pierre comprenant des monastères, des tombes et des thermes.

Invisible depuis la route, la faille, appelée Siq, s'enfonce dans le roc, comme seule voie d'accès pour entrer dans la ville. Ce long corridor de plus d'un kilomètre, large de seulement quelques mètres, se fraie un chemin entre des falaises pouvant atteindre 100 mètres de haut, suivant l'ancien lit du cour d'eau Wadi Moussa. Ici ou là, d'étranges sculptures de grès rose, formées par l'érosion, apparaissent.

Au bout du Siq se distingue, dans l'entrebâillement de la falaise, entre les formes découpées de la roche, le Khazneth. Image la plus célèbre de Petra, celui qui signifie "trésor" en arabe dévoile une façade d'inspiration corinthienne avec deux niveaux de colonnes, entièrement intégrée à la roche, s'ouvrant sur des salles intérieures vastes et travaillées.

Au-delà du Khazneth, la route s'élargit peu à peu pour déboucher sur la ville basse, dont les parois révèlent quelques six cents tombeaux édifiés dans la falaise. Parmi eux, le tombeau Corinthien, le tombeau à l'Urne, qui servit de cathédrale, et le tombeau à Etages, qui présente le plus grand mur travaillé du site sur cinq niveaux. Parmi les nombreux monuments cultuels, un théâtre se découpe plus loin sur un paysage majestueux, tandis que le Cardo Maximus déroule une grande avenue pavée, bordée d'un Arc de Triomphe et des ruines du temple de Qasr el Bint.

La route s'élève ensuite dans une interminable ascension de 800 marches. Le légendaire "Deir", dont le nom signifie monastère, peut se découvrir à dos d'âne. Il ouvre une voie sur des corniches vertigineuses aux panoramas spectaculaires et débouche sur une vaste esplanade d'où se distingue un édifice monumental, rappelant le Khazneth, de plus de 40 mètres de haut sur 45 mètres de large. Là, une vue dégagée sur les montagnes de la Araba achève une visite étourdissante.

Une inscription nabatéenne trouvée à l'entrée du Siq semble indiquer que le nom sémitique de Pétra était "reqem", renvoyant au caractère multicolore des blocs de grès. Les blancs, les mauves, les stries ocre embellissent celle que l'on nomme la "cité de grès rose", et lui rendent, malgré les siècles d'oubli et de silence, une atmosphère étonnamment vivante, comme si elle avait su garder, mystérieusement, le secret de la route des caravanes.

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Additional Photos by Thierry HARCHIES (THAR) Gold Star Critiquer/Gold Note Writer [C: 162 W: 0 N: 345] (3291)
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